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La création du comté de Blâmont
Vers 1220, Henri II comte de Salm accorde en apanage à son fils cadet Ferri la terre de Blâmont et les villages d’Aménoncourt, Autrepierre, Barbas, Blemerey, Chazelles, Domèvre, Domjevin, Frémonville, Halloville, Gondrexon, Igney, Leintrey, Reillon, Remoncourt et Repaix. Ceci ne devient effectif qu'à la mort d'Henri. Mais Ferri, jeune homme fougueux et impatient, chasse son père du territoire de Blâmont et s'oppose ensuite à son neveu Henri IV, devenu comte de Salm. A court d'argent, il demande et obtient l'appui financier de l'évêque de Metz en 1246. En contrepartie, Ferri devient le vassal de l'évêque en 1247 mais conserve toutefois le donjon en alleu. Mort en 1255, sa femme Jeanne de Bar assure la régence.
L’essor du comté
C'est avec le règne de son fils Henri Ier de Blâmont (1264-1331), que la seigneurie de Blâmont prend son essor. Il fait l'acquisition de droits d'avouerie sur Saint-Sauveur, Deneuvre, Vic-sur-Seille et de fiefs à Moyen, Saint-Clément, Laronxe, Chenevières. Il édifie la tour des Voués à Baccarat en 1305, la maison forte de Magnières en 1311 et achète le château de Châtillon en 1324. A Blâmont, il construit l'enceinte de pierre du bourg entre 1290 et 1311 et agrandit le château. Il est sénéchal du duc de Lorraine jusqu'en 1309, date à laquelle il revend la charge au fils du duc. Enfin, il s'illustre plusieurs fois au combat, notamment en 1285 lors du tournoi de Chauvency.
La tour Nord, qui fait partie d'un en semble de quatre tours dessinant un polygone irrégulier comme on le voit sur les photos aériennes d'avant hier.
On distingue une arbalètrière (mince fente verticale dans le mur) au 3/4 de la hauteur ;ambiance sombre tout comme les corbeaux qui tournent autour.
On dirait que la tour est décollée de l'enceinte; en fait il n'en est rien :il s'agit d'un pare-choc sous forme de mur construit devant la tour, à quelques centimètres de façon à absorber les tirs d'artillerie sans que l'enceinte ne subisse l'onde de choc...et nous sommes au XIIIème!!
Espace "pare-chocs" et ça fait 800 ans que c'est debout !!
Arbalètrière ( ou archère) vue de l'intérieur. Jugez de l'épaisseur des murs montés au mortier de chaux!!
Une fois à l'intérieur, on voit nettement que la tour a été rapportée à l'édifice et non construite en même temps que le mur d'enceinte débordant dans la tour.
La tour Nord, le mur d'enceinte et le Donjon coté intérieur.
La pelouse est en fait au niveau du premier étage, le rez de chaussée étant entierement comblé par les gravats.
Des mesures au sonar laissent deviner des corps de logis enfouis qui feront l'objet de fouilles par des étudiants du monde entier qui viennent tous les ans en juillet pour consolider et étudier les ruines sous la férule des "Bâtiments de France", organisme où le château est classé.
A demain pour une autre tour...